La Rhénana

L'histoire de la Bibliothèque Humaniste

Attention / Warning / Achtung :

  • Depuis le 25 janvier 2014 et jusqu’au printemps 2017, le musée est fermé en raison de la mise en œuvre du chantier de Nouvelle Bibliothèque Humaniste.
  • Humanist Library closed due to a vast reorganisation project until the Spring of 2017
  • Humanistenbibliothek wegen dem Umbauprojekt bis zum Frühling 2017 geschlossen

Pendant près d’un siècle, de 1440 à 1526, Sélestat a joué un rôle primordial dans l’humanisme rhénan lié à la présence de l’école latine et à son rayonnement. La Bibliothèque Humaniste est le témoin de cette période faste de l’histoire de Sélestat. Son fonds réunit celui de la bibliothèque de l’école latine et de celui de la bibliothèque personnelle de Beatus Rhenanus auxquels se sont ajoutés des achats et des dons d’ouvrages anciens au fil des siècles.


La bibliothèque paroissiale

Dès le 13e siècle, des bibliothèques sont attestées dans différentes communautés monastiques de Sélestat, à l’exemple du prieuré bénédictin de Sainte-Foy qui possède déjà 102 œuvres en 1299.
Mais l’histoire de la bibliothèque paroissiale débute réellement en 1452 avec le don de Jean de Westhuss, recteur de l’église paroissiale de Sélestat. En effet, ce dernier cède "à la fabrique un nombre appréciable de livres ; ces ouvrages ont été inscrits dans le registre de la bibliothèque récemment installée." Une trentaine d’ouvrages précieux est alors déposée dans la resserre d’archives de l’église Saint-Georges, spécialement aménagée pour que les enseignants de l’école latine, les érudits et les étudiants puissent les consulter. Ce legs est complété successivement par les dons de Jean Fabri (1470), de Jacques Wimpfeling (1517) et de Martin d’Ergersheim (1535).

La bibliothèque de Beatus Rhenanus - Registre Mémoire du monde de l'UNESCO

Natif de Sélestat et ancien élève de l’école latine, Beatus Rhenanus lègue à sa mort, en juillet 1547, sa bibliothèque à sa ville natale. Constituée de 423 volumes contenant 1 287 œuvres et 41 manuscrits répartis dans divers recueils, auxquels il faut ajouter 33 manuscrits anciens et 255 lettres autographes, elle est tout à la fois le témoin de sa soif de connaissances, de son activité de correcteur pour les grands imprimeurs européens (l’imprimeur Estienne à Paris, l’imprimeur Mathias Schurer à Strasbourg, les imprimeurs Jean Amerbach et Froben à Bâle) et de ses liens d’amitié avec les plus grands érudits de son temps comme Erasme de Rotterdam.
De fait, elle constitue un ensemble documentaire remarquable dont l’originalité réside dans l’homogénéité du fonds, composé de nombreuses éditions parisiennes du premier quart du 16e siècle, d’éditions aldines, d’éditions frobéniennes mais aussi alsaciennes, ainsi que du legs de livres et manuscrits grecs que Beatus Rhenanus a lui-même hérité de son professeur, l’humaniste Jean Cuno.
D’abord déposée dans la chancellerie municipale et rangée avec les archives de la ville avant d’être déménagée à la douane, la bibliothèque de Beatus Rhenanus rejoint finalement, en septembre 1757, la resserre de l’église Saint-Georges, où se trouvent les ouvrages de la bibliothèque paroissiale.


Enrichissement et valorisation

Pendant la période révolutionnaire est créée la bibliothèque de district qui récupère les confiscations des biens du clergé. Stockés dans l’édifice du tribunal, les fonds de la bibliothèque paroissiale et ceux de la bibliothèque de Beatus Rhenanus sont installés en 1840 au 2e étage de la mairie alors transformé en bibliothèque de lecture publique.
En mai 1889, l’ensemble des collections déménage à la Halle aux Blés. De cette époque date la vocation touristique de la Bibliothèque Humaniste comme en témoigne certaines mentions dans les guides touristiques dès la fin du 19e siècle. En 1958, l’aménagement de la grande salle avec des vitrines permet d’exposer certains ouvrages remarquables. Lors de la création de la Médiathèque intercommunale, en 1997,  la mission de lecture publique est transférée et la Bibliothèque Humaniste peut se recentrer sur ses missions de conservation et de mise en valeur des collections patrimoniales. C’est dans cette logique que s’inscrit le projet de la Nouvelle Bibliothèque Humaniste dont le parcours muséographique devrait permettre de redécouvrir la richesse et l’universalité des collections précieuses.
Collections précieuses qui n’ont cessé de s’enrichir tout au long des 19e et 20e siècles grâce à des achats et des dons et qui sont aujourd’hui constituées de 460 manuscrits (anciens et modernes), de 550 incunables et près de 2 600 imprimés du 16e siècle. En 2011, l’inscription de la bibliothèque Beatus Rhenanus au registre de la Mémoire du Monde reconnait l’universalité, l’originalité et la valeur de ce fonds ancien.


Chiffres clés

  • près de 70 000 documents (livres, cartes, estampes, monnaies, ...)
  • 460 manuscrits anciens et modernes
  • 550 incunables (livres imprimés au cours de la 2e moitié du 15e siècle)
  • Près de 2 600 imprimés du XVIe siècle
  • 1 600 imprimés du 17e siècle
  • 2 600 imprimés du 18e siècle
  • 216 mètres linéaires d'alsatiques
  • 20 mètres linéaires de fonds musical

La Nouvelle Bibliothèque Humaniste

La bibliothèque et l'UNESCO

La bibliothèque de Beatus Rhenanus est inscrite au Registre de la Mémoire du Monde de l'UNESCO depuis le 26 mai 2011.

Pour en savoir plus, téléchargez le dossier de presse

Photos P-Mod

P-Mod est un artiste en résidence à la Bibliothèque Humaniste, le temps du chantier de restructuration.

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