Les origines du Corso

C’est en s’attachant à la mémoire de nos aînés et en parcourant les archives que l’on découvre l’origine du Corso. Pour en saisir toutes les facettes, il faut remonter jusqu’en 1927.

Cette année-là, à l’occasion du deuxième Congrès des Jardins Ouvriers d’Alsace, l’association locale organisa un cortège fleuri, probablement pour favoriser la propagande autour de la création des petits jardins, en faisant la part belle aux fruits et légumes. La cité humaniste d’alors était réputée pour sa tradition maraîchère, qui perdure aujourd’hui encore.

Jean Kobloth, Président de Tourisme, Culture et Loisirs décrit ainsi ce premier défilé pittoresque dans le programme du 50e anniversaire du Corso Fleuri, en 1979 :

« À la sortie du stade, un garde-champêtre en costume napoléonien précédait la musique des pompiers. Suivaient des enfants portant des fleurs, des véhicules et des groupes fleuris. Les maisons Damm et Kaelbel participaient avec des voitures de légumes et fruits. Suivaient un char avec « Le lion de Sélestat » en fleurs et en Zewwele (oignons). Une voiture avec le sénateur Lazare Weiller, un char avec des alsaciennes, un « Zwiebelputzwagen » et « ein Wagen mit wunderbarem Mist » que l’on peut traduire littéralement par : un magnifique chariot de fumier bient tassé et fleuri ! Des charrettes avec légumes et fleurs tirées par des enfants, des écoliers, ouvriers et ouvrières jardiniers, vendeuses de fleurs, cavaliers et lamusique ouvrière. Vint ensuite le char de la Reine des Jardins (...) Les visiteurs strasbourgeois estimèrent que le cortège ne souffrait pas de la comparaison avec le Corso Fleuri de l’Orangerie de Strasbourg : un beau compliment. »

Mais c'est véritablement en 1929, sous l'impulsion du maire de l'époque, le Dr Auguste Bronner, que le cortège se transforma en corso fleuri.

L'époque des "autos fleuries"

Les Corsos furent longtemps répartis en trois, quatre ou cinq groupes, chacun précédé par une société de musique. On trouvait parmi les premiers défilés - à côté de sujets uniquement publicitaires - des sujets inspirés par les corporations (jardiniers, bouchers, boulangers), par l’histoire coloniale dont les Français des années 30 étaient très fiers, ou par les activités propres à des particuliers et des sociétés.

Les " autos fleuries " étaient nombreuses, publicitaires ou non, et la " petite reine ", la bicyclette, était particulièrement à l’honneur. Le Corso Fleuri de Sélestat, s’il est devenu ce qu’il est aujourd’hui, le doit aux qualités et au dynamisme de ses participants, particuliers et commerçants, mais aussi à des personnalités qui, successivement, y ont apporté leur touche personnelle pleine de fantaisie. Le Dr Bronner était loin d’imaginer, à l’époque, l’ampleur prise depuis par la manifestation qu’il mettait alors sur pied et loin de se douter que sa longévité surpasserait celle de toutes les initiatives du même genre ... même si, dès la première année, il avait l’ambition de rivaliser avec les cortèges les plus réputés de la région.