Sélestat et son sapin

Une histoire de longue date

En ouvrant le registre des comptes de la Ville de Sélestat, dont les archives sont soigneusement conservées à la Bibliothèque Humaniste, une mention manuscrite est faite, à la page 239, d’une tradition qui s’affirme aujourd’hui bien au-delà des frontières...

 

"... de même 4 schillings aux gardes forestiers pour surveiller les mais à partir de la Saint Thomas".

 

Il s’agit là de la plus ancienne mention écrite connue au monde à ce jour faisant référence à l’Arbre de Noël.

 

Grâce aux travaux d’historiens passionnés par leur Alsace natale, son interprétation est limpide : si la ville de Sélestat doit ainsi protéger sa forêt en prévoyant une telle dépense, il est à supposer que le fait de décorer un arbre (et non plus une branche) à cette époque de l’année était relativement courant et faisait partie des coutumes.

Ce qui se confirme dans des écrits postérieurs datés de 1546, 1555 et 1557, tout aussi soigneusement préservés dans les archives de la Ville.

 

In Selestat, befindet sich das älteste Schriftstück, in dem die Rede von einem Weihnachtsbaum ist. Der Eintrag ist vom Dezember 1521 und betrifft eine Ausgabe von 4 schillings als Gehalt für Leute, die auf die «Meyen» im Gemeindewald aufpaßten. Das zu den Stadtarchiven entnommene Rechnungsbuch mit diesem Eintrag ist in der Humanistischen Bibliothek ausgestellt.

 

In Sélestat is held the oldest known written document about the Christmas tree dating from 1521. It explains that the city had to pay four schillings to the forest warden for looking after the fir trees from St Thomas day until Christmas, to prevent them being cut.

 


La Saint-Thomas

Mais revenons un moment à cette mention qui mérite quelques explications " ... de même 4 schillings aux gardes forestiers pour surveiller les mais à partir de la Saint Thomas "

Le mai est l’arbre érigé pour célébrer un événement ou pour honorer quelqu’un. Ensuite, s’il est vrai que Saint Thomas se fête aujourd’hui le 3 juillet, selon les anciennes dispositions liturgiques, la Saint Thomas se fêtait le 21 décembre, jour le plus court et nuit la plus longue de l’année. C’est donc, historiquement, à partir de cette date que l’on se mettait en quête du sapin de Noël. Le 21 décembre reste bien évidemment la date du début du solstice d’hiver.

Les écrits de Balthazar Beck

L’échanson à l’Hôtel de Ville de Sélestat, Balthazar Beck (1580 - 1641), dans sa chronique, décrit les principales coutumes observées à la " Herrenstube " (salle commune de l’Hôtel de Ville) lors de diverses fêtes ou cérémonies et notamment celles de Noël.

Il y chante le cérémonial des gardes forestiers apportant les mais, il nous précise la parure de l’arbre faite de pommes et d’hosties et il décrit le rituel invitant les enfants des magistrats, les conseillers de la Ville et les employés municipaux à secouer l’arbre de Noël et le dépouiller de ses décorations et friandises. C’était en 1601...

Une exposition complémentaire

Et si l’histoire sélestadienne ne dévoile pas toutes les évolutions et les anecdotes liées aux décorations et aux traditions ornementales du sapin de Noël, elle s’en fait l’écho au travers de l’exposition présentée dans la nef de l’Eglise Saint-Georges intitulée " Les décorations de l’Arbre de Noël depuis 1521 ".

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